Le manifeste
Appel des proches de personnes porteuses de handicap mental : NON à leur euthanasie !
L’heure est grave et le risque très réel pour nos proches porteurs de déficience intellectuelle. Le projet de légalisation de l’euthanasie débattu actuellement au Parlement menace directement leur vie.
Une alarme internationale forte
Aux Pays-Bas, premier pays au monde à avoir légalisé l’euthanasie en 2002, des personnes sont aujourd’hui euthanasiées pour la seule raison de leur déficience intellectuelle ou d’un trouble du spectre autistique. En septembre 2024, le comité des droits des personnes handicapées de l’ONU s’est dit préoccupé des “récentes modifications apportées à la loi sur l'euthanasie et [de] l'absence de mesures de protection spécifiques pour garantir une prise de décision adéquate aux personnes souffrant d'un handicap intellectuel et/ou psychosocial”.
Le 10 septembre 2025, l'ONU a réitéré cette mise en garde à l'encontre de la France. Le Comité a dénoncé « une claire orientation eugéniste reflétant un validisme profondément enraciné » du texte de loi du gouvernement français débattu actuellement au Parlement. Et alarmé spécifiquement sur la nécessité d'étudier les « vulnérabilités accrues prévisibles auxquelles seront exposées les personnes handicapées confrontées à des formes croisées de discrimination si le projet de loi était adopté. »
Vous en doutez ?
En France, la trisomie 21 est considérée comme une « affection grave et incurable » permettant l’avortement jusqu’à la naissance. Ce critère est littéralement le même que celui qui est mentionné dans le projet de loi sur l’euthanasie actuellement débattu. En mai 2024, l'amendement d'une députée visant à exclure le handicap mental du dispositif d'aide à mourir a été rejeté en commission, au prétexte que cela représenterait une discrimination pour ces personnes.
Aucun doute n'est possible malheureusement
Au Centre hospitalier d’Angoulême, un homme de 66 ans atteint de trisomie 21 est mort le 7 janvier 2023 : hospitalisé pour détresse respiratoire, il avait été placé sous puissant sédatif sans accord préalable de la famille. Celle-ci a déposé une plainte pour homicide volontaire en octobre 2024 et le rapport d’expert évoque une « euthanasie douce ». L’évènement est représentatif d’une mentalité : l’hypocrite « aide à mourir », en associant la dignité à la bonne santé, conduira de facto à une dévalorisation des vies jugées encombrantes.
Nous, proches de personnes porteuses de déficience intellectuelle, praticiens des soins d'accompagnement, expérimentons chaque jour que le geste technique ne peut pas remplacer l'assistance humaine. Aussi notre plus grande crainte est-elle qu'ils en soient privés quand nous ne serons plus là. Nous refusons qu'on puisse un jour leur imposer une mort planifiée qui dissimulerait une société incapable de les accueillir et de les accompagner. Ils ne doivent pas devenir les victimes d'une médecine tournée vers la performance où donner la mort sera l'arme suprême (et bon marché) pour éliminer la vulnérabilité.
Le projet de légalisation de l’euthanasie en train d’être débattu en France menace directement leur vie.
Chaque voix compte
Ensemble, exigeons l'interdiction explicite de l'euthanasie et du suicide assisté pour les personnes porteuses de handicap mental.
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